Le 31 janvier 2005, la Chambre de première instance du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a condamné Pavle Strugar, général à la retraite de l’Armée nationale yougoslave (JNA), à huit ans de prison pour des crimes de guerre commis en 1991. Il a été déclaré coupable de crimes de guerre contre la population civile et, en vertu de l’article 3(d) du Statut, de dommages causés intentionnellement à un certain nombre de sites culturels et historiques situés dans la Vieille ville de Dubrovnik , en Croatie, site inscrit sur la Liste du patrimoine mondial depuis 1979. Ce jugement montre clairement que la destruction et les dégâts commis sur des sites du patrimoine mondial placés sous l’égide de la Convention de 1972 de l’UNESCO peuvent être sanctionnés par la loi humanitaire internationale.

Endommagée par le conflit armé des années 1990, la Vieille ville de Dubrovnik est devenue l’objet d’un important programme de restauration coordonné par l’UNESCO. En 1991, elle a été aussitôt inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en péril afin d’attirer l’attention internationale sur la situation et de prendre les mesures indispensables à sa protection d’urgence. Avec l’aide technique et financière de l’UNESCO, le gouvernement croate a restauré les façades des cloîtres franciscain et dominicain, réparé les toits et reconstruit des palais. Ces actions ont permis de retirer, en décembre 1998, la ville de la Liste du patrimoine mondial en péril.

Le Centre du patrimoine mondial fournit encore une assistance internationale au site, plus récemment par le financement de deux réunions du Comité consultatif d’experts pour la restauration de Dubrovnik.

Le texte intégral du jugement du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie peut être consulté à l’adresse suivante : http://www.un.org/icty