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Développement d’une stratégie
pour un tourisme durable
dans les corridors du patrimoine
de la Route de la soie

Saluée comme ‘la plus grande route de l’histoire de l’humanité’, l’ancienne Route de la soie a constitué le premier pont entre l’Orient et l’Occident, ainsi qu’un important vecteur de commerce entre les anciens empires de Chine, l’Asie centrale et occidentale, le sous-continent indien et Rome. La Route de la soie était plus qu’un ensemble de routes commerciales, elles symbolisait les nombreux avantages découlant des échanges culturels. En témoignent les innombrables sites historiques et culturels qui jalonnent aujourd’hui encore ces célèbres routes.
De nos jours, ces routes ou ‘corridors du patrimoine’, comme elles ont été désignées par l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO), peuvent offrir aux communautés locales des ressources financières et des échanges interculturels par le développement du tourisme. Le patrimoine culturel et vivant de la Route de la soie est exceptionnel et représente un portentiel formidable pour le tourisme.

Le projet de Corridors du patrimoine mondial de la Route de la soie

Ces dernières années, un groupe d’experts de l’UNESCO, de l’ICOMOS et de l’UCL a mené des recherches inédites sur les sites et itinéraires de la Route de la soie, dans le cadre du projet de candidature au patrimoine mondial en tant que bien transnational.

15 États parties

Ce projet a donné lieu à une collaboration sans précédent entre 15 Etats parties. De plus, deux candidatures au patrimoine mondial liées au corridor du patrimoine de la Route de la Soie situé en Asie centrale et en Chine ont été soumises à l’UNESCO, qui commencera leur évaluation finale en 2013-2014. Ces candidatures concernent des corridors bien précis du patrimoine mondial de la Route de la soie, l’un à travers le Kazakhstan, le Kirghizistan et la Chine, l’autre entre le Tadjikistan et l’Ouzbékistan.

Lancement

Le projet de stratégie touristique pour les corridors du patrimoine de la Route de la soie a été lancé lors de la 3e Réunion des Ministres de la Route de la soie de l’OMT (Organisation mondiale du Tourisme), qui s’est tenue le 6 mars 2013. L’UNESCO et l’OMT, avec le soutien du fonds-en-dépôt UNESCO/Pays-Bas lance en 2013 un vaste projet destiné à fournir des orientations stratégiques aux destinations touristiques et à élaborer une stratégie touristique durable commune aux pays concernés, pour la gestion des visiteurs et pour la mise en valeur et la promotion des sites jalonnant ces corridors du patrimoine.

Feuille de route pour le développement

Conservation du patrimoine et tourisme : promouvoir une croissance durable le long des corridors du patrimoine des Routes de la soie.

La feuille de route jette les bases pour développer une stratégie pour un tourisme global et durable dans les corridors du patrimoine des Routes de la soie. Elle porte sur deux corridors du patrimoine traversant cinq pays : la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan, formant la base d’une inscription en série qui sera examinée pour inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2014. Cette stratégie aborde des principes généraux comme la croissance durable, le développement des communautés et la gestion et la conservation du patrimoine.



Lire la feuille de route

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Pourquoi ce projet est nécessaire

Lorsque la Convention du patrimoine mondial a été conçue au début des années 1970, l’impact du tourisme n’était pas pleinement pris en compte. À l’époque, les arrivées internationales atteignaient environ 180 millions, alors qu’elles ont dépassé le milliard en 2012. Le tourisme culturel se développe à un rythme sans précédent, représentant aujourd’hui environ 40% du tourisme mondial.

Lorsqu’il est géré de manière responsable, le tourisme peut être un moteur pour la préservation et la conservation du patrimoine culturel et naturel et un vecteur de développement durable. Le tourisme sur les sites du patrimoine mondial stimule l’emploi, favorise l’activité locale dans le domaine des arts et de l’artisanat et génère des recettes, à condition d’être planifié et géré efficacement. Dans le cas contraire, il peut être un élément perturbateur sur le plan social, culturel et économique et porter préjudice à des environnements et à des communautés locales fragiles.

Les destinations qui longent les corridors de la Route de la soie se voient offrir une excellente occasion de conjuguer leurs efforts, afin élaborer des projets touristiques transnationaux visant à promouvoir et à développer leur patrimoine commun sous le label des Routes de la soie. L’approche collaborative pour le développement du tourisme des corridors de la Route de la soie prévoit :

  • d’adopter dans toute la région une approche durable pour la gestion des destinations touristiques
  • d’améliorer la répartition des visites sur l’ensemble de la région
  • de prolonger la durée du séjour et d’augmenter les revenus générés
  • d’ouvrir la voie à de nouveaux investissements
  • de renforcer les relations internationales
  • de concrétiser de nouvelles opportunités de partenariats public privé

Liens utiles

Priorités du projet

Un certain nombre de priorités ont été définies, afin que la stratégie pour le tourisme dans les corridors du patrimoine de la Route de la soie tire le meilleur parti des opportunités offertes par le tourisme tout en sauvegardant le patrimoine exceptionnel qui jalonne ces routes.

  • Offrir aux visiteurs une expérience de qualité sans dégrader ou endommager les valeurs culturelles ou naturelles du bien
  • Élaborer une planification holistique avec la pleine participation de tous les acteurs concernés, afin d’en assurer la viabilité à long terme
  • Identifier les nœuds (grandes villes) jalonnant la Route de la soie, les segments de routes qui les relient et les corridors, car le tourisme de la Route de la soie se prête davantage à attirer les touristes le long de routes et de corridors intégrés que vers des sites ou destinations isolés.
  • Collaborer autour d’approches transnationales qui sont essentielles pour renforcer le tourisme de la Route de la soie
  • Partager les connaissances, les compétences et l’expertise afin d’éviter les doublons, miser sur les points forts et mettre en œuvre, sur l’ensemble de la Route de la soie, des cadres de gestion coordonnés pour le tourisme durable, la conservation, l’éducation, le développement de la recherche et l’interprétation
  • Élaborer les normes et procédures appropriées pour répondre à des questions essentielles pour les sites du patrimoine, comme les limites des sites, les zones tampons, le choix des sites, etc.
  • Mettre en œuvre des systèmes de suivi au niveau local, national et international afin de mesurer les changements, l’impact des actions engagées et la modification des valeurs des sites.
  • Fournir des informations cohérentes, substantielles et de qualité dans le domaine de l’interprétation et de la communication du patrimoine et les rendre accessibles sur tous les sites touristiques, afin de créer des attentes de la part des touristes et de leur offrir des expériences de grande qualité.
  • Investir dans le patrimoine culturel immatériel, comme l’artisanat traditionnel, la gastronomie, les rituels, la musique et autres expressions, afin d’enrichir l’expérience des visiteurs et contribuer à la compréhension et aux échanges interculturels. Le développement de centres communautaires, l’organisation de festivals culturels et la mise en œuvre de campagnes promotionnelles et de marketing pourront servir cet objectif.
  • Adopter les nouvelles technologies et l’innovation, comme la modélisation et la numérisation en 3D, la conservation et l’archivage numériques. Ces méthodes peuvent rendre les archives accessibles au public, permettant au plus grand nombre de découvrir et de visiter des sites culturels du monde entier. Ces technologies peuvent également contribuer à ce que les sites du patrimoine soient efficacement gérés aujourd’hui et protégés demain.

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