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Projet sur le paysage marin du Pacifique tropical oriental

Ce projet triennal du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO et de Conservation International bénéficie de financements de la Fondation des Nations Unies et du Global Conservation Fund. Il prévoit la promotion de la gestion et de la conservation à long terme de cinq aires marines protégées du Pacifique tropical oriental, à l’aide de la Convention du patrimoine mondial et d’autres instruments juridiques nationaux et internationaux.

Ce projet va aider le processus d’inscription de biens qui ne sont pas encore sur la liste, en ayant éventuellement recours à des stratégies d’inscription en série et/ou transfrontalière.

Il va également favoriser la coopération régionale autour de questions clés pour la conservation marine, en vue de contribuer à l’intégrité des sites marins du patrimoine mondial et de leurs eaux environnantes dans le Pacifique tropical oriental et de susciter une application plus large des conventions internationales et de la législation environnementale grâce au renforcement des capacités.

Le Centre du patrimoine mondial et Conservation International collaborent avec plusieurs organisations nationales partenaires pour mette en œuvre les activités au niveau des sites. Ces activités s’attachent principalement à améliorer la gestion grâce au renforcement des capacités et à fournir une assistance technique pour les mesures de protection, ainsi qu’un apprentissage mutuel et une mise en réseau entre les sites.

Objectifs

La région possède actuellement trois sites inscrits au Patrimoine mondial : les Îles Galapagos et leur réserve marine (Équateur), le Parc national de l’île Cocos (Costa Rica) et le Parc national de Coiba (Panama). Le statut de patrimoine mondial des îles colombiennes de Malpelo et Gorgona est en cours d’évaluation et la décision est attendue pour juillet 2006.

Les gouvernements de la région ont déjà pris des mesures importantes pour favoriser la collaboration régionale, en particulier avec la « Déclaration de San José », signée en avril 2004 par les représentants des gouvernements du Costa Rica, du Panama, de la Colombie et de l’Équateur.

Cette déclaration officialise la mise en place du corridor marin du Pacifique oriental    tropical entre les îles Cocos, Galapagos, Malpelo et Coiba, un instrument efficace pour la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique de la région du Pacifique oriental tropical, qui se fonde sur les intérêts et les priorités des pays participants.

Il y a deux raisons d’aborder ce défi de la conservation et du développement durable à un niveau régional engageant quatre pays. La première est la réalité de l’interdépendance écologique. L’interdépendance des écosystèmes marins fait qu’il est quasiment impossible pour un pays de maintenir seul l’équilibre et la vitalité de son écosystème marin, pendant que les zones économiques exclusives voisines sont détériorées. Cela est particulièrement évident dans le cas des espèces à distribution étendue, comme les tortues de mer, les requins, les cétacés, les thons, les marlins, etc. qui représentent l’une des valeurs essentielles des sites de la région ayant un potentiel de patrimoine mondial. Toutefois, la dispersion des larves sur de longues distances indique qu’il peut y avoir bien d’autres niveaux d’interdépendance au-delà des plus évidents concernant les grands animaux. De plus, l’interaction entre El Niño et les impacts de l’activité humaine implique qu’une détérioration partielle de l’écosystème peut avoir des répercussions en cascade qui se diffusent à la fois géographiquement et en termes d’espèces affectées. Bref, la sécurité environnementale nationale dépend de la collaboration avec les pays voisins. Il est important de souligner d’emblée que la reconnaissance de l’interdépendance écologique, et donc la coopération avec les pays voisins, n’affecte en aucune manière la souveraineté nationale.

Deuxièmement, confrontés à des problèmes identiques, les pays peuvent y voir des opportunités communes et partager des expériences et compétences complémentaires.

Contexte

Le golfe du Panama et les îles et eaux environnantes du Pacifique central oriental au niveau de l’Équateur, de la Colombie, du Panama et du Costa Rica sont l’une des zones les plus productives du Pacifique tropical oriental et appartiennent à l’une des provinces géographiques du monde les plus riches en diversité biologique.

Cette région possède un haut niveau d’interaction écologique et des caractéristiques océanographiques complexes, principalement en raison de la convergence de grands courants marins qui facilitent la dispersion des larves marines (par exemple de coraux, crustacés, mollusques et poissons) et affectent les migrations, les déplacements et la distribution de nombreuses espèces d’importance régionale et mondiale.

Le paysage marin héberge des habitats uniques et vulnérables qui contribuent à la richesse de la diversité biologique, notamment des espèces endémiques, menacées d’extinction et/ou ayant une importance écologique, économique et esthétique. Certains parmi les grands animaux les plus répandus sont menacés : grandes baleines et tortues de mer, thons, requins, raies, marlins et oiseaux de mer. De plus, on rencontre dans les îles de la région quelques-uns des rares récifs coralliens du Pacifique tropical oriental.

On retrouve dans l’ensemble du paysage marin les mêmes menaces pour l’écosystème marin :

  • la surpêche, notamment de requins, ce qui représente le problème majeur de la surpêche niveau mondial.
  • la capture accidentelle de tortues de mer, requins, raies, oiseaux de mer, cétacés, etc.
  • la pêche illégale (espèces protégées, pêche hors saison, non respect des restrictions concernant la taille, etc.)
  • la pollution (rejets pétroliers, pollution sonore, pollution des eaux côtières par des sources terrestres, etc.) ; le transport maritime et le tourisme contribuent également au problème de la pollution.

Le défi consiste donc à surmonter ces obstacles à la bonne gestion du paysage marin, de sorte que l’écosystème puisse soutenir une utilisation économique durable et conserver sa riche biodiversité et sa forte productivité.