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/ UNESCO / Ron Van Oers

Programme de renforcement des capacités des petits États insulaires en développement

Le 10 août 2011, le gouvernement japonais a approuvé la proposition de programme de « Renforcement des capacités pour soutenir la conservation des sites du patrimoine mondial et favoriser le développement durable des communautés locales dans les petits États insulaires en développement (PEID) », avec un budget total d’1 million de dollars des Etats-Unis.

Cette proposition de projet a pour objectif général de développer des programmes de renforcement des capacités dans les PEID d’Afrique et du Pacifique et de renforcer le programme de renforcement des capacités en cours dans les PEID des Caraïbes (CCBP). La stratégie déployée doit être différente pour chacune des régions des PEID, c’est-à-dire l’Afrique, le Pacifique et les Caraïbes, en raison des disparités dans la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial de 1972, le développement de réseaux institutionnels, l’évaluation des besoins régionaux et les plans d’action.

Une stratégie pour les PEID africains 

Une stratégie pour les PEID africains  doit comprendre l’identification des besoins particuliers de chaque État insulaire, ainsi que les exigences et les défis déjà identifiés au niveau international par l’exercice de rapport périodique en Afrique. Les activités spécifiques structurées et mises en œuvre dans le cadre de cette proposition vont :

  • identifier plus précisément le patrimoine et les besoins en matière de conservation ;
  • analyser les premiers constats dans le contexte approprié et définir des principes généraux et des priorités soulignant les stratégies nécessaires ;
  • préciser les structures de carrière des professions concernées par la conservation et identifier les types et niveaux de formation requis ;
  • développer un cadre et des systèmes de communication pour repérer des organisations partenaires au niveau national et régional, et organiser l’appui administratif ;
  • définir des mesures à court terme pour améliorer la formation, en introduisant par exemple des initiatives nouvelles dans des schémas existants, afin d’obtenir des programmes complets ;
  • organiser un réseau de collaboration composé de personnes et d’institutions, afin que les institutions nationales échangent leurs idées et opinions sur leurs approches respectives en matière d’éducation et de formation ;
  • identifier et renforcer les centres de recherche nationaux, régionaux et locaux, afin de conduire des recherches et d’archiver le patrimoine culturel et les travaux de conservation qui lui sont associés.

Une stratégie pour les PEID du Pacifique

Une stratégie pour les PEID du Pacifique devrait être élaborée à partir des besoins et des défis mentionnés dans le Plan d’action Pacifique pour le patrimoine mondial (2010-2015), qui a été élaboré par les États parties et territoires du Pacifique lors des ateliers régionaux du patrimoine mondial de Cairns (Australie, octobre 2008) et Maupiti (Polynésie française, 2009).Dans ce Plan d’action, les actions principales n° 3 et 4 ont signalé la nécessité de ‘soutenir des propositions d’inscription qui réussissent, en vue d’une représentation sur la Liste du patrimoine mondial, en améliorant les capacités des pays à identifier des sites potentiels et à préparer des dossiers d’inscription qui remplissent pleinement les conditions de la Convention du patrimoine mondial’ et ‘améliorer les capacités des pays à tous les niveaux, y compris celui des population autochtones, à développer des bonnes pratiques, des plans de gestion et des dispositions pour assurer la protection efficace des sites du patrimoine du Pacifique, tout en prenant en compte et en reconnaissant les connaissances traditionnelles et les pratiques de conservation pour la terre, l’air et la mer.’

Compte tenu du fait que le Pacifique est la région la plus sous-représentée sur la Liste du patrimoine mondial, il y a là une occasion de corriger ce déséquilibre en soutenant l’élaboration de listes indicatives et de propositions d’inscription acceptées sur la Liste du patrimoine mondial. Conformément aux actions principales évoquées ci-dessus, il est également recommandé de soutenir la préparation des plans de gestion des sites au moyen d’ateliers de renforcement des capacités intégrés au processus d’inscription.

Trois activités sont donc proposées pour appuyer les principaux objectifs du Plan d’action Pacifique pour le patrimoine mondial (2010-2015) :

  • soutenir la candidature d’États parties n’ayant pas encore de bien inscrit au patrimoine mondial en leur apportant l’assistance d’experts internationaux. Le Bureau d’Apia a fait une proposition préliminaire concernant Nan Madol (Pohnpei) en Micronésie ;
  • développer un Plan de gestion, qui est l’une des conditions requises pour l’inscription ;
  • apporter de l’aide à l’élaboration d’une Liste indicative des États parties de Polynésie (les plus sous-représentés du Pacifique), c’est-à-dire les Îles Cook, Niue, Tonga et Tuvalu (lorsque Tuvalu aura ratifié la Convention du patrimoine mondial de 1972) au moyen de quatre ateliers nationaux.

Une stratégie pour les PEID des Caraïbes

Une stratégie pour les PEID des Caraïbes devra utiliser l’actuel Programme de renforcement des capacités pour les Caraïbes (CCPB), qui est un réseau professionnel pour la formation et l’échange d’informations. 

Plusieurs projets pilotes pourraient être mis en œuvre dans le cadre de ce programme, se concentrant sur l’amélioration des possibilités de développement durable des communautés locales des Caraïbes grâce à l’utilisation rationnelle des ressources du patrimoine mondial. Ces projets pilotes pourraient être sélectionnés en fonction des quatre thèmes régionaux jugés importants pour les Caraïbes : villes historiques, paysages culturels, tourisme durable et prévention des risques.


Ce projet n’aurait pas vu le jour sans le généreux soutien du gouvernement japonais. Son soutien continu à la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial est particulièrement apprécié.