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Déclaration du Directeur général de l’UNESCO sur le changement climatique et le patrimoine mondial

Message du Directeur Général à la conférence de presse de 12ème Conférence des Parties à la Convention-Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques, qui s'est tenue à Nairobi au Kenya (6-17 Novembre 2006)

Le changement climatique est l’un des principaux défis qui se posent à nos sociétés ; pour y répondre, il est essentiel d’élever le niveau du débat public sur le sujet. Ce débat public devrait être bien informé et réaliste. Les parties concernées, instituts de recherche, institutions de l’enseignement supérieur, organisations internationales, gouvernements et société civile ont la responsabilité de veiller à ce que le débat démocratique soit fondé sur des arguments convaincants et des preuves solides.

La Convention du patrimoine mondial de l’UNESCO de 1972 est un outil de premier ordre pour aider à identifier et à protéger, au bénéfice des générations présentes et à venir, le formidable patrimoine culturel et naturel du monde. La Convention est destinée à encourager la coopération internationale pour la conservation des zones protégées et à suivre leur état de conservation.

Les changements climatiques affectent tous les aspects des systèmes humains et naturels, y compris les biens du patrimoine mondial culturel et naturel. Assurer la protection et la gestion durable de ces sites est donc devenu une priorité intergouvernementale de la plus haute importance.

De nombreux sites marins du patrimoine mondial sont des récifs coralliens tropicaux, dont l’exposition à des facteurs de blanchissement – à cause du réchauffement des océans et de l’augmentation de leur acidification – peut entraîner leur extinction massive. L’augmentation de la température atmosphérique provoque également la fonte des glaciers à l’échelle de la planète. La biodiversité terrestre peut aussi être affectée par des phénomènes comme la modification des aires de répartition des espèces, un changement dans le calendrier des cycles biologiques et la migration des nuisibles et des espèces envahissantes.

Les sites du patrimoine mondial culturel sont eux aussi exposés à cette menace. Les bâtiments anciens ont été conçus en fonction de conditions climatiques spécifiques. L’élévation du niveau de la mer menace de nombreux sites côtiers. La migration des nuisibles peut également avoir un effet négatif sur la conservation du patrimoine bâti. Mais au-delà de ces menaces physiques importantes, le changement climatique va également avoir un impact terrible sur les aspects sociaux et culturels, amenant certaines communautés à changer de mode de vie, de travail et de culte, ainsi que de relations sociales dans les bâtiments, les sites et les paysages, ce qui peut les conduire à la migration et à l’abandon pur et simple de leur patrimoine bâti.

Les menaces que le changement climatique fait peser sur la valeur universelle exceptionnelle des sites du patrimoine mondial ont des conséquences sur la mise en œuvre et le suivi de la Convention du patrimoine mondial de 1972. Les leçons apprises sur plusieurs sites à travers le monde montrent qu’il est pertinent de concevoir et d’appliquer des mesures d’adaptation. Il faut également promouvoir la recherche à tous les niveaux, en collaboration avec les différents organismes dont les travaux portent sur le changement climatique, en mettant l’accent sur le patrimoine culturel en faveur duquel la communauté scientifique devrait rehausser son niveau d’engagement. Le réseau mondial des sites du patrimoine mondial est idéal pour conforter le soutien public et politique par une meilleure diffusion de l‘information et une communication efficace, en raison de la grande visibilité de ces sites.

Parallèlement, la Convention de l’UNESCO de 2003 sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, qui souligne la profonde interdépendance entre la préservation du patrimoine matériel et du patrimoine immatériel du monde, accorde une attention particulière aux connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers. Le Programme sur l’homme et la biosphère (MAB) de l’UNESCO et le Projet de système de savoirs locaux et autochtones LINKS se concentrent également sur les liens entre diversité culturelle et biologique et sur la nécessité d’une approche intégrée de la préservation de l’environnement et du développement durable.

L’UNESCO s’engage à collaborer étroitement avec divers acteurs de la société civile, comme la communauté scientifique, pour traiter les différents défis que pose le changement climatique, en particulier au patrimoine culturel et naturel du monde, si précieux et si fragile.

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