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Restauration de Santa Maria dei Miracoli

Vers 1470, l’image d'une madone avec son enfant est installée dans une niche donnant sur la rue. Puis, des histoires de miracles circulent et la dévotion des Vénitiens augmente tant qu'on lui construit une chapelle puis une église.

En 1480, un concours est lancé et Pietro Lombardo est choisi, notamment pour la judicieuse implantation du bâtiment dans la zone impartie et la très grande élégance de l’ensemble. En février 1481, le pape Sixte IV inaugure la construction, dédiée à l’Immaculée, qui dure jusqu'en 1489.

L'attention portée à la décoration de l'église est très frappante.

L’extérieur, habilement partagé entre des parties sculptées et des parties lisses, est complètement recouvert de marbre aux couleurs pâles, incrusté de médaillons et de croix de porphyre rouge et vert; les côtés sont animés par des portiques aveugles.

Si les décorations côté rue sont en marbre, l’architecte a pris soin d’employer la pierre d’Istrie, plus résistante à l’eau, pour les sculptures côté canal.

L’intérieur abrite une simple nef rectangulaire avec un escalier monumental menant au choeur. La décoration est aussi recherchée qu’à l’extérieur, notamment pour la voûte en berceau, ornée de marbres polychromes, incrustée de médaillons de porphyre à caissons dorés et sculptés représentant des prophètes et des patriarches.

Description des dommages
Depuis la restauration de 1970 par le Stiftverband für die deutsche Wissenschaft, l’état du monument s’était dégradé. Les marbres étaient noircis et agressés par les sels minéraux, le fer était rouillé ce qui compromettait la stabilité des statues ainsi attachées à l’église.

Ces dégâts ont été provoqués par la proximité du canal, source de l’humidité et des sels minéraux décelés dans le monument, à laquelle s’ajoutait la pollution de l’air ambiant. Les restaurations effectuées au XIXème ont accéléré le phénomène en fixant les panneaux de marbre (détachés pour nettoyage) par du ciment. Il aurait mieux valu recourir aux attaches de bronze comme au XVème siècle car le ciment s’est réduit en poussière et la brique s’est trouvée directement exposée aux agressions.

Les restaurations
1. les études préalables
On repéra les fissures grâce à l’utilisation de marteaux harmoniques et l’accumulation des sels et des moisissures par des méthodes informatiques. Ensuite, on finança un programme de recherches sur la conservation de la pierre par le laboratoire de la Surintendance des oeuvres d’art de Venise pour identifier les sources des dommages et connaître les meilleures méthodes de correction.

2. les remèdes employés
On procéda à des opérations de désalinisation, de nettoyage et de consolidation très complètes sur les surfaces extérieures et intérieures.

Les plaques de marbres furent démontées, descendues, nettoyées à l’aide de plusieurs bains d’eau distillée puis remontées; les stucs furent nettoyés, consolidés et protégés.

Des supports d’acier remplacèrent les supports de fer.

Les parties qui s'effondraient ou s'effritaient furent remplacées par des copies effectuées selon les méthodes anciennnes et dans des matériaux identiques alors que les parties moins abimées furent seulement consolidées.

Le nettoyage du plafond, non prévu par le programme de restauration initial, s’imposa de lui-même tant le décalage avec les murs nettoyés était grand.

Recherches de financements
The Getty Grant Program : 35.000 dollars en 1989 (études initiales et planification) et 250.000 dollars en 1993.

Paul F. Wallace : 250.000 dollars pour la restauration du plafond peint.

Succession de Carmela Gennaro : 300.000 dollars.

Donations annuelles par Save Venice : financements et organisation de divers événements pour la recherche de fonds tels que dîners, concerts, croisières et le Gala biennal de la semaine de la Régate à Venise.

Coût total du projet : 3 millions $ environ

Organisation / Secteur / Bureau leader : Save Venice Inc.
Organisations connexes : Mario Piana, l'architecte chargé de la restauration par la Surintendance des monuments

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