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Projet de réhabilitation de la forteresse de San Sebastian, Île de Mozambique

En 2003, l’UNESCO et le gouvernement du Mozambique ont signé un accord pour la réhabilitation de la forteresse de San Sebastian, le monument le plus emblématique de l’Île de Mozambique, bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1991.

Construite au 16e siècle par la puissance coloniale portugaise, la forteresse est l’un des monuments les plus anciens et, avec son architecture militaire massive et dépouillée, l’un des plus imposants de l’Île. Il témoigne de l’ancienne fonction de l’île comme grand port de commerce portugais pour les épices et l’ivoire sur la voie maritime de l’Inde, puis pour le commerce des esclaves à partir de la seconde moitié du 18e siècle. Ses formes défensives, largement inspirées de l’architecture militaire de la Renaissance italienne, n’ont connu pratiquement aucune modification depuis, comme en témoignent les illustrations et dessins de l’époque. Les matériaux de construction d’origine sont caractéristiques des ressources naturelles de la région et le système complexe de collecte des eaux de pluie compense efficacement la pénurie d’eau douce dans l’île.

Depuis l’accès à l’indépendance en 1975, la stagnation économique de l’Île de Mozambique s’est beaucoup aggravée et les bâtiments historiques comme la forteresse de San Sebastian se sont sérieusement délabrés au cours des décennies qui ont suivi.

Il fallait donc agir sans tarder pour protéger l’ensemble des bâtiments, afin qu’ils ne se dégradent pas davantage. La durée du projet de réhabilitation, d’abord limitée à deux ans, c'est-à-dire jusqu’en décembre 2008, a pu être prolongée grâce à des financements supplémentaires accordés par des bailleurs internationaux.

La première phase du projet de restauration se concentre sur la consolidation du bâtiment pour empêcher qu’il continue de se dégrader, avec notamment la réparation partielle et l’étanchéisation de l’ensemble des bâtiments. Les financements supplémentaires reçus récemment permettent à présent la réhabilitation complète du système originel de collecte et de stockage de l’eau et l’installation d’une fontaine à l’extérieur de la forteresse pour l’approvisionnement public en eau. La restauration complète d’un bâtiment hébergeant l’accueil des visiteurs peut également être réalisée dans le cadre de cette première phase, servant d’exemple pour la restauration du bâtiment dans la phase deux. Au cours de celle-ci, la forteresse sera restaurée et équipée des premières installations pour sa fonction à venir comme centre de recherches sur l’éducation à la conservation du patrimoine.

Un principe essentiel guide l’exécution des travaux de réhabilitation : celui d’une participation maximum de la communauté locale au projet. Le savoir-faire acquis en matière de conservation au cours du projet permettra de réaliser à l'avenir d'autres travaux de réhabilitation dans l’île et sera transmis grâce à des formations sur le terrain, ainsi que par une publication faisant la promotion des résultats du projet, notamment auprès du grand public.

La mise en œuvre de ce projet nécessite une équipe multidisciplinaire d’experts, comprenant notamment des conservateurs, des architectes, des ingénieurs, des historiens, des archivistes et des artisans. Un cabinet d’architectes mozambicain – Forjaz Arquitectos –, sélectionné sur appel d’offres international comme consultant pour le projet, est chargé de la préparation des travaux, du dossier d’appel d’offres (plans d’exécution, spécifications techniques, cahiers des charges, etc.) et de leur supervision. L’appel d’offres international suivant, portant sur les travaux de restauration, a été remporté par le consortium de sociétés mozambicain-portugais Teixeira Duarte/ Bel, qui a lancé officiellement les travaux le 1er juin 2008.

L’UNESCO coordonne le projet de réhabilitation sur le plan administratif et technique dans le cadre de son mandat qui est d’assurer une préservation et une gestion efficace des sites du patrimoine mondial. Un conseiller technique en chef est présent sur place pour coordonner au quotidien les aspects opérationnels du projet.

Ce projet est financé par le fonds-en-dépôt japonais, l’Union des villes capitales d’expression portugaise (UCCLA), l’IPAD (Institut portugais pour l’aide au développement), ainsi que le fonds-en-dépôt néerlandais et le fonds-en-dépôt flamand.

Des financements complémentaires seront nécessaires pour achever le projet de réhabilitation, afin de sauvegarder l’authenticité de la forteresse et d’apporter des avantages matériels et financiers à la population locale.

Enfin, après le cyclone Jokwe des 7 et 8 mars 2008 qui a considérablement endommagé la roche de corail constituant le socle de la forteresse et ses murs défensifs, des financements sont requis d’urgence pour les réparer.

Etats parties (1)
Sites du patrimoine mondial