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Maison Guiette, Populierenlaan 32, Antwerpen

Date of Submission: 04/04/2005
Criteria: (i)(ii)(iv)
Category: Cultural
Submitted by:
Division des Monuments en Sites auprès du Ministère de Flandre
Coordinates: NE 4°23’35’’SO 51°11’01’’
Ref.: 2025
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Word File
Disclaimer

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Property names are listed in the language in which they have been submitted by the State Party

Description

Seule réalisation de Le Corbusier en Belgique, la résidence-atelier remonte à 1926-1927. Le maître d'œuvre, Réné Guiette (1893-1976) fait partie en tant que peintre autodidacte de la mouvance d'avant-garde anversoise; il s'y distingue par une œuvre qui articule délicatement l'expressionisme, le cubisme et l'abstraction et qui est de plus en plus appréciée de nos jours.

C'est sa visite au "Pavillon de l'Esprit Nouveau" à "l'Exposition des Arts Décoratifs" de 1925 à Paris qui l'amena à s'adresser à Le Corbusier pour la construction de sa résidence-atelier dans un nouveau quartier qui couvrira les terrains occupés par l'Exposition Universelle de 1930 (cf. supra). Guiette caresse à cette époque l'illusion que sa maison moderne contribuera à faire de ce nouveau quartier un vrai manifeste de l'Architecture Moderne.

Durant l'exécution, l'architecte anversois Paul Smekens, chargé du chantier ne tardera pas à entrer en conflit avec Le Corbusier de par son pragmatisme et son interprétation personnelle. C'est ainsi qu'il remplace la structure projetée particulièrement logique et cohérente par un système de construction plutôt hybride mêlant béton armé pour colonnes, poutres et balcons, hourdis, un parement de brique traditionnel pour les façades et un conglomérat de ciment pour les parois intérieures non portantes.

La Maison Guiette s'insère dans la série des demeures "puristes" dans lesquelles Le Corbusier applique dans les années 1920 les "cinq points d' une Architecture Moderne". Son projet s'apparente à ses deux maisons de la Weissenhofsiedlung de Stuttgart. Il y reprend de manière singulière le principe de la "Maison Citrohan", l'un de ses premiers modèles théoriques d'habitation, basé sur la standardisation des éléments constructifs et sur son approche morale de l'habitat réduit, en tant que "machine à habiter", à l'essentiel. La particularité du projet de la Maison Guiette découle de divers facteurs: la forme étroite et longue de la parcelle, d'une part est, en fait typiquement belge. Par ailleurs les prescriptions urbanistiques imposent une implantation mi-dégagée avec passage côté ouest. Le souhait explicite du maître d'œuvre enfin de vivre au rez-de-chaussée avec accès immédiat au jardin, éliminera d'office les pilotis du modèle Citrohan et entraînera l'insertion peu commune de la cuisine et de la toilette côté rue. Les bandeaux de fenêtres horizontaux, la toiture-terrasse, les travées verticales inégales avec escalier à volées droites et raides, l'atelier en duplex et l'entière conception spatiale qui invite à la "promenade architecturale", comptent parmi les autres éléments spécifiques.

La maison entière se ramène en fait à une boîte simple et parfaite. Le Corbusier prévoit pour façades un parement lisse peint en couleur de Sienne. Comme les prescriptions urbanistiques exigent un parachèvement de matériaux nus et visibles, c'est un revêtement de granili, couleur pierre bleue, qui sera finalement apporté. La paroi vitrée verticale, posée un peu en retrait, marque, tant dans la façade avant qu'arrière, la travée qui comporte, pour accéder aux étages, les deux escaliers à volées droites - échelle de Jacob selon Le Corbusier- . La "promenade architecturale " aboutit à l'atelier avec mezzanine doté côté rue d'une grande paroi vitrée et d'un balcon. La mezzanine donne accès à la toiture-terrasse emmurée pourvue d'un petit balcon côté jardin et d'un oculus dans sa face latérale.

Le plan aménage au rez-de-chaussée les services tels que cuisine, office, toilette et escalier, tandis que le vaste séjour s'ouvre largement sur le jardin. Au premier étage les chambres à coucher des parents à l'avant et des enfants à l'arrière s'ordonnent à partir du palier avec entre elles la salle de bain, la lingerie et la toilette. La nursery occupe l'arrière du deuxième étage et un couloir incurvé mène, côté rue, à l'atelier de double hauteur. La chambre de bonne, une remise et une chambre noire sont aménagées à gauche de ce couloir.

Dans cet intérieur, c'est la palette abstraite de couleurs, liée à la perception de l'espace, de l'esprit des lieux et de la lumière, qui caractérise essentiellement l'ensemble. Les coloris des murs peints contribuent soit à renforcer leur présence, soit à les faire en quelque sorte disparaître de manière à rompre le cloisonnement. Le Corbusier a lui-même conçu l'agencement des couleurs durant son unique visite à la demeure en voie d'achèvement et a suivi de près les travaux de peinture. Le choix assez limité se résume à l'utilisation de l'ultramarin, du bleu pâle et du bleu pervenche, de l'ombre et sienne brûlés, du rose, de l'ocre, du vert anglais et du gris dans les tonalités allant du fris perle au gris foncé et blanc.

La résidence-atelier est restée un élément isolé dans sa rue. Après le décès de René Guiette en 1976 elle risque d'être détruite pour la construction de route et du tunnel prévu dans les parages immédiats mais se trouve classée Monument Historique en 1978. Les projets de réhabilitation comme musée dédié à l'œuvre de Le Corbusier et de Guiette n'ont pas abouti et ce n'est qu'en 1987 que la Maison Guiette redevient propriété privée et se voit restaurée sous la direction de l'architecte Georges Baines en 1987-1988. Le même architecte a réussi par la suite à construire une extension au côté gauche de la demeure et d'aménager à l'arrière des ailes indépendantes abritant des bureaux, ateliers et dépôts.

Durant la restauration, le granili gris qui posait déjà problème peu après la réception des travaux, a été remplacé par un enduit de plâtre blanc aux propriétés isolantes et l'intérieur a retrouvé ses couleurs originales.