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Le Centre du Patrimoine mondial de l’UNESCO, l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature, l’Union mondiale pour la nature, African Parks Foundation et Fauna and Flora International déterminés à sauver les derniers rhinocéros blancs du Nord du site du patrimoine mondial de la Garamba (République démocratique du Congo)

Début septembre 2005, les autorités congolaises ont signé avec l’ONG African Parks Foundation (APF) un accord de gestion du site du patrimoine mondial de la Garamba. Le Directeur général délégué de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), M. Cosma Wilungula, s’est expliqué sur les raisons de cette démarche encore inhabituelle. A l’origine de cette décision des autorités congolaises on trouve la menace du Comité du patrimoine mondial (29è session, 10-17 juillet 2005, Durban, Afrique du Sud) de retirer le statut de patrimoine mondial au Parc national de la Garamba si la présence dans le parc du rhinocéros blanc du Nord n’était pas confirmée d’ici au 1er février 2006. 

Principal refuge des derniers rhinocéros blancs du Nord au monde, le Parc national de la Garamba s’est vu attribuer le statut de patrimoine mondial en 1980. Sa localisation à l’extrême nord-est de la RDC, à la frontière avec le Soudan, en a fait la cible privilégiée d’un braconnage à grande échelle dans lequel sont impliqués des groupes armés originaires du Soudan. Son inscription en 1996 sur la Liste du patrimoine mondial en péril et le lancement en 2000 du projet « Conservation de la biodiversité dans les régions de conflit armé : sauvegarder les sites du patrimoine mondial de la RDC » financé par la Fondation des Nations Unies et le gouvernement belge, ont certes donné des résultats significatifs dans la stabilisation des populations de rhinocéros mais n’ont pas empêchés depuis 2004, une recrudescence sans précédent du braconnage dans le site. Les dernières opérations de recensement menées sur le terrain n’ont fait que confirmer une diminution alarmante de la population de rhinocéros depuis 2004. A ce jour, on estime à un maximum de dix individus le nombre de rhinocéros blancs du Nord encore présents dans le parc alors que l’on en comptait trente en 2003.

C’est dans ce contexte difficile que les autorités congolaises ont décidé de faire appel à APF. Pour l’ICCN, l’arrivée de ce nouveau partenaire représente la dernière chance de tenter de sauver les derniers rhinocéros blancs du Nord de la Garamba et de maintenir le statut de site du patrimoine mondial du parc. 

L’appel à la rescousse d’APF doit par conséquent être pris pour ce qu’il est,  un moyen supplémentaire pour l’ICCN de renforcer le partenariat mis en place dans le cadre du projet de conservation de la biodiversité dans les régions de conflit armé. Cet appel intervient, par ailleurs, à un moment où le gouvernement congolais déploie des mesures importantes pour sécuriser la frontière avec le Soudan. 

Aux termes du contrat signé avec l’ICCN, l’APF se voit confier pour une période de cinq ans, renouvelable, le leadership dans la gestion du Parc national de la Garamba. En contrepartie, APF s’engage à apporter les moyens humains, techniques et financiers supplémentaires pour enrayer la disparition du rhinocéros blanc du Nord. A la grande satisfaction de l’UNESCO, ce contrat mentionne clairement le statut de site du patrimoine mondial du Parc national de la Garamba.

La réunion qui s’est tenue à Bruxelles (Belgique) le 10 novembre dernier à l’initiative de l’ICCN et d’APF et à laquelle ont pris part des représentants de l’UNESCO, de l’Union mondiale pour la nature (UICN) et de Fauna and Flora International (FFI) est à retenir comme un moment clé pour l’avenir du site du patrimoine mondial de la Garamba. C’est là, en effet, que l’ICCN, l’APF, l’UNESCO, l’UICN, et FFI ont jeté les bases de leur future collaboration. 

A l’issue de cette réunion APF a clairement manifesté sa volonté de travailler avec les autres partenaires pour la sauvegarde des derniers rhinocéros blancs du Nord et dans le respect de la Convention du patrimoine mondial

L’UNESCO, l’UICN, FFI et APF se sont fixés pour prochain objectif  l’élaboration d’une stratégie commune pour endiguer la chute du nombre de rhinocéros et restaurer l’intégrité du site du patrimoine mondial de la Garamba. Les partenaires entendent également mieux impliquer les communautés locales dans la politique de conservation du site par le développement d’activités de conservation communautaire.